ORIGINE ET DÉBUT DE LA SOCIÉTÉ ROMANDE D'AUDIOPHONOLOGIE
ET DE PATHOLOGIE DU LANGAGE (SRAPL).
Pour comprendre le déroulement des événements qui ont conduit à
la constitution de la Société romande d'audiophonologie et de pathologie
du langage, dite la SRAPL, je crois qu'il faut d'abord connaître les
débuts et le développement de l'orthophonie dans le canton de Neuchâtel.
Création des centres d'orthophonie neuchâtelois.
Quand en 1957, j'arrive à la Chaux-de-Fonds, comme médecin
ORL, je suis frappé par le manque d'infrastructures permettant la
réhabilitation des troubles de l'audition et du langage. Pour l'orthophonie,
on dépend dans le canton de deux spécialistes, Mesdemoiselles Mad.
Giroud et A.-'L.Fuhr, célibataires, vivant ensemble à Neuchâtel, travaillant
en privé, compétentes, très dévouées mais complètement débordées.
Mademoiselle Fuhr montait régulièrement à la Chaux-de-Fonds. Surchargée
par un travail croissant, elle finit par comprendre qu'elle doit être
soulagée et par conséquent intégrée dans une organisation structurée.
En 1961, je lui propose un engagement à l'Hôpital et j'obtiens de
l'Autorité communale la permission de créer un Centre d'audiophonologie,
annexé au service d'oto-rhino-laryngologie que je dirige.
C'est l'exemple du Dr jean-Claude Lafon, qui m'a donné cette idée.
Je m'étais lié d'amitié avec lui en 1951/1952, lors d'un séjour d'une
année, passée à Strasbourg comme assistant étranger à la clinique
universitaire d'ORL, où il était interne. Il avait ensuite suivi à
Lyon son Maitre, le Professeur Mounier-Kuhn, qui l'avait placé dans
l'Institut d'Audio-Phonologie de la Faculté de Médecine, dépendant
de sa Clinique ORL. Je l'avais visité peu après mon installation à
la Chaux-de-Fonds et ce modèle inspira mon projet.
L'accord ayant donc été obtenu, le Centre d'ORThophonie et d'appareillage
ACoustique de l'Hôpital de la Chaux-de-Fonds, appelé CORTAC, ouvre
officiellement ses portes le 15 janvier 1961. La directrice est Mlle
Fuhr et j'en assume la responsabilité médicale. L'institution développe
trois activités principales : La mesure des troubles auditifs chez
les patients hospitalisés. La rééducation ambulatoire des troubles
du langage chez les adultes et les enfants, avec des antennes dans
les écoles de la Chaux-de-Fonds et du Locle. La correction des surdités
par l'adaptation et la vente des prothèses auditives.
Le 4 octobre 1962, une manifestation publique réunissant la Société
Neuchâteloise de Médecine et le Corps enseignant des Écoles primaires
de la Chaux-de-Fonds fête la création et les débuts du CORTAC. Un
colloque est animé par une dizaine de conférenciers qui exposent les
problèmes soulevés par le thème de la journée : L'enfant mal-entendant
et mal-parlant. Les journaux du canton se font largement l'écho de
cette inauguration et les conférences paraissent dans le numéro du
29 août 1963 de la Revue suisse de Médecine "Praxis".
Après quelques années d'activité dans le groupe, le secteur orthophonique
du CORTAC est sorti de l'Hôpital, pour une raison de place et de budget.
Il est placé en ville, dans des locaux spécialement aménagés. Administrativement,
il passe sous l'autorité de l'Instruction publique, mais il reste
sous la même responsabilité médicale.
Toutes ces réalisations se font en association et dans une entente
parfaite et cordiale avec le Dr J.-P.Secretan, spécialiste ORL de
Neuchâtel, qui, de son côté, soutient l'activité de Mlle Giroud. La
sensibilité sociale est moins étatique dans le Bas du canton, mais
le Dr Secretan réussit quand même à faire admettre en 1962 la création
pour Mlle Giroud d'un Centre d'orthophonie, reconnu par la Commune.
Dès 1962,1a structure des Centres est donc bien établie, aussi bien
à Neuchâtel, qu'à la Chaux-de-Fonds. Leur existence et leur performance
justifient l'intérêt que le corps enseignant et le corps médical leur
accordent toujours plus. Les demandes de traitement se multiplient,
mais ne peuvent être convenablement résorbées, par manque de spécialistes.

Institution d'un Cours pour la
formation d'orthophonistes de l'Université de Neuchâtel
En raison du développement des Centres, il devient impérieux
de trouver du renfort pour Mesdames Giroud et Fuhr. Des démarches,
à Lausanne et à Genève notamment, et des annonces, en Suisse et à
l'étranger, pour attirer de jeunes orthophonistes restent sans résultat.
Une solution s'impose alors: Pourquoi ne pas fonder notre propre École
d'orthophonistes ?
Avec le Dr Secretan, nous sommes motivés par de nombreux contacts
et renseignements, pris en France et en Belgique. A Paris, nous avions
rencontré particulièrement Madame Borel-Maisonny, qui nous avait encouragés.
Elle nous avait parié avec enthousiasme de ses premières expériences
cliniques et expérimentales avec l'abbé Rousselot, qui avaient contribué
à sortir la phonétique de l'empirisme et de la spéculation. Elle avait
évoqué sa collaboration pendant vingt ans, comme orthophoniste, avec
le Docteur Victor Veau, l'éminent spécialiste et pionnier de la chirurgie
des fentes palatines.
Cette époque était encore influencée par l'oeuvre du Docteur André
Castex, chargé de cours d'oto-rhino-laryngologie à la Faculté de médecine
de Paris. Comme il l'écrivit lui-mème, la pratique des maladies du
nez et du larynx l'avait poussé à chercher l'aide d'éducateurs spéciaux.
Nommé médecin à l'Institution nationale des sourds-muets de Paris,
il y rencontre des professeurs d'élite, qui, intéressés aux troubles
de la voix humaine, trouvent et appliquent des méthodes permettant
d'en redresser les altérations fonctionnelles. Il crée vers 1910 une
consultation pour la correction des troubles de la parole, qu'il appelle
: Cours d'orthophonie. Il publie aussi en 1920 un Traité d'orthophonie.
Le terme français "d'orthophonie" et "d'orthophoniste" est dès lors
institué.
Par la suite, des cours pour la formation des orthophonistes furent
organisés en France par les Facultés de Médecine. A Neuchâtel, nous
souhaiterions faire de même, mais l'Université n'a pas de Faculté
de Médecine. Il faudrait donc s'entendre avec la Faculté des Lettres.
Nous sondons quelques connaissances du monde universitaire. La réaction
est négative. On nous répond qu'un enseignement inspiré par un collège
de médecins, même renforcé par des professeurs de disciplines littéraires,
ne convient pas à une Faculté des Lettres. D'ailleurs, une École pour
la formation d'orthophonistes est une école professionnelle, qui n'a
pas sa place â l'Université.
Par bonheur, J.P.Secretan a un ami, le conseiller d'État Gaston Clottu,
chef du Département de l'Instruction publique, qu'il invite. Nous
nous rencontrons les trois, au début de l'année 1963, en fin d'après-midi,
en privé chez Secretan. Nous exposons librement notre problème. Quelques
jours plus tard déjà, le Doyen de la Faculté des Lettres est prié
par le Département de l'Instruction publique d'étudier sérieusement
la création d'un Cours universitaire pour la formation des orthophonistes.
Dans sa séance du 20 février 1963,1e Conseil de la Faculté des Lettres
nomme une Commission pour l'introduction d'un diplôme d'orthophonie.
Elle est composée de Mr.Ph.Muller, professeur de psychologie, président
de la Commission, de Mr G.Redard, professeur de linguistique et de
Mr A.Gilliard, professeur de phonétique. Ces Messieurs se réunissent
chez le Dr Secretan, avec le Dr Terrier et Mesdames Giroud et Fuhr,
pour l'élaboration du programme des cours. Le 20 mars, sur rapport
du prof.Muller, président de la Commisssion, le Conseil de Faculté
accepte en principe le projet des initiateurs.
Le premier programme s'étend sur deux ans. Il comprend des cours donnés
par un groupe de professeurs en Lettres et par un Collège de médecins.
Mesdames Giroud et Fuhr se chargent de l'orthophonie et organisent
les stages pratiques. Le Cours débute le 1er novembre 1963.
Dans les années qui suivent, le Prof Gilliard succède au Prof.Muller,
comme directeur du Cours. Mademoiselle G.Shramm remplace Mesdames
Giroud et Fuhr, comme orthophoniste responsable. Le Dr J.Cl.Lafon,
nommë professeur d'ORL à Besançon, participe activement â cet enseignement
et contribue par sa compétence à la renommée du Cours. En ce qui me
concerne, appelé en 1975 comme enseignant à la Faculté de médecine
de Lausanne, je demande à Madame Dr.M.L.Dutoit, PD, phoniatre à Lausanne,
de reprendre mon cours de phonologie et je quitte l'Institution. Plus
tard, le Dr J.P.Secretan, transmet aussi son cours d'Audiologie au
Dr P.Arni, son successeur à l'Hôpital des Cadolles à Neuchâtel.
Le Cours pour la formation d'orthophonistes de l'Université de Neuchâtel,
qui avait été d'abord prévu comme une mesure temporaire, est finalement
répété par arrêté du Conseil d'Etat. Il fait partie maintenant de
l'enseignement ordinaire de la Faculté des Lettres. Grâce à lui et
à celui de Genève, les places d'orthophonistes peuvent être pourvues
en Suisse romande. Il faut reconnaître aujourd'hui que son institution
a été utile.

Le rôle de la Société romande de Logopédie (SRL).
L'institution du Cours neuchâtelois pour la formation des orthophonistes
était nécessaire. Pourtant, en 1963, quand nous avions annoncé notre
projet de former des orthophonistes à Neuchâtel au Dr Paul Rochat,
médecin des Ecoles à Lausanne et président de la Société romande de
Logopédie (SRL), son opposition et surtout celle de son entourage
a été vive.
C'est que la SRL se sentait seule désignée pour soutenir et diriger
la lutte contre les troubles du langage, en Suisse française. Elle
devait, d'un commun accord avec la Schweizerische Arbeitsgemeinschaft
für Logopädie (SAL) régler les problèmes de la logopédie sur le plan
suisse. Elle se chargeait en outre d'organiser des cours de formation
et des stages pour futurs logopédistes en liaison avec l'Institut
des sciences de l'éducation, à Genève. Le premier cours genevois avait
eu lieu en 1961/62,1e deuxième débutait en 1963.
Avant 1961,1a seule institution suisse constituée pour former des
rééducateurs du langage se trouvait en Suisse allemande. Cette Schweizerische
Arbeitsgemeinschaft für die Sprachgebrechliche (SAS), fondée en 1942
sous l'impulsion notamment du Professeur F.R.Nager, directeur de la
clinique universitaire ORL de Zürich, était présidée par le Dr K.Kistler,
médecin ORL.
La SAS organisait à Zürich des cours d'une quinzaine de jours, dirigés
par Mr.Hans Petersen, et délivrait un diplôme de logopédiste. C'est
ainsi que Mlle Brunner, directrice du home logopédique "les Hirondelles"
à Lausanne, avait suivi l'enseignement de Mme Borel-Maisonny à Paris
et avait passé ensuite l'examen zurichois. Mademoiselle Fuhr à Neuchâtel
s'était formée auprès de sa collègue, Mlle Giroud, et était aussi
diplômée de Zürich.
En 1960, les particularités régionales et les problèmes linguistiques
avaient fait apparaître au sein de la SAS la nécessité d'une division.
Le 12 novembre de cette année, à Berne, l'Assemblée de ses membres
acceptait la création d'une part de la SAL (Schweizerische Arbeitsgemeinschaft
für Logopädie) et d'autre part de la SRL (Société romande de Logopédie).
Le terme germanique de "logopédiste" était ainsi introduit en Suisse
française.
C'est ainsi également que la SRL a estimé dès lors avoir le monopole
des cours pour la formation de logopédistes en Suisse romande. Certes,
les cours qu'elle organise avec l'Institut des sciences de l'éducation
de Genève sont de haut niveau. Il faut dire que Genève bénéficie d'un
prestige incomparable dans le domaine des sciences du langage. L'oeuvre
de Piaget imprègne l'esprit de tous les éducateurs et psychologues
de l'enfant. Le Prof.J. de Ajuriaguerra est pour la pathologie du
langage au sommet d'une renommée internationale. Plus particulièrement,
l'Institut des sciences de l'éducation comprend un collège de professeurs
ré putés. La responsable technique du cours est Mademoiselle M.Maquart,
psychologue et logopédiste très active.

Fondation d'une Société neuchâteloise et jurassienne d'audiophonologie.
L'annonce d'un deuxième Cours romand à Neuchâtel est considéré
par les genevois notamment comme un risque de concurrence indésirable
et inadmissible. Cette attitude critique rend la place des neuchâtelois
et des jurassiens inconfortable au sein de la SRL. Nos orthophonistes,
Mesdames Giroud et Fuhr, démissionnent. D'autre part, les débats scientifiques
nous paraissent exagérément imprégnés de psychologie.
Alors, tout au début 1964, je demande à J.P.Secretan : "Pourquoi ne
pas fonder une autre société ?" De commun accord nous pensons qu'elle
devra être audio-phonologique, pour bien marquer sa tendance médicale
et inspirée de l'École lyonnaise de Mounier-Kuhn et Lafon. Le Professeur
Gilliard, directeur du Cours d'orthophonie, mis au courant, se rallie
immédiatement et avec joie à notre idée.
La nouvelle société sera une stimulation pour nous et pour tous ses
sympathisants. Elle organisera des entretiens qui seront des cours
de perfectionnement pour les élèves orthophonistes, comme pour les
ainés, et qui permettront d'exposer publiquement des sujets concernant
particulièrement l'audition et la phonation. L'engagement dans notre
entreprise du Dr R.Christe , pédo-psychiatre à Delémont, nous apportera
aussi une compétence en psycho-pathologie.
Le mercredi 22 avril 1964, chez le Dr Secretan, se tient une réunion
qui groupe les Drs Secretan et Terrier, le Prof.Gilliard, Mesdames
Giroud, Fuhr et A.Perrin. Un statut est discuté et approuvé. Il prévoit
un bureau, qui est immédiatement constitué. Le Dr J.P.Secretan est
président, le Dr R.Christe est vice-président, le Prof.A.Gilliard
est trésorier et Madame Agnès Perrin est secrétaire. La Société neuchâteloise
et jurassienne d'audio-phonologie est ainsi fondée.
Les premiers "Entretiens" organisés par la nouvelle Société ont déjà
lieu les samedi et dimanche suivants, 25 et 26 avril 1964. La réunion
est patronnée par la Société suisse d'oto-rhino-laryngologie et par
son président, le Prof.F.Escher. Le succès est inespéré. Le grand
auditoire du Laboratoire de recherches horlogères à Neuchâtel est
rempli.
La deuxième réunion suit, les 20 et 21 juin de la même année 1964.
La troisième est une rencontre avec une délégation de Bordeaux, à
Neuchâtel les 8 et 9 mai 1965. La quatrième est consacrée aux aspects
fonctionnels et chirurgicaux des malformations du palais, le 18 décembre
1965. La cinquième est une rencontre avec une délégation de Marseille,
les 11 et 12 juin 1965 à l'occasion de l'inauguration du nouvel Hôpital
et des nouveaux locaux du CORTAC à la Chaux-de-Fonds. La sixième est
une rencontre avec une délégation de Lyon, les 17 et 18 juin 1967,
consacrée à l'étiologie de la dyslexie.
Ces entretiens de la Société neuchâteloise d'audiophonologie avec
des sujets très variés et les visites privées qu'elles engendrent,
comme le passage de Madame Borel-Maisony à la Chaux-de-Fonds par exemple,
sont des rencontres riches en enseignements et en motivations, pour
les jeunes orthophonistes notamment. Ils créent aussi des contacts
intéressants et utiles, dans une ambiance agréable et cordiale.

Constitution de la SRAPL.
Le rayonnement de notre Société neuchâteloise d'audiophonologie
est immédiatement très vif, alors que l'activité scientifique de la
SRL reste discrète. Peu â peu germe l'idée d'une complémentarité.
L'occasion d'un rapprochement se présente lorsque le Dr René Tissot
succède au Dr P.Rochat comme président de la SRL, à son Assemblée
générale du 30 septembre 1967,à Jongny s/Vevey. Ce psychiatre, médecin-adjoint
de la Clinique universitaire de Bel-Air à Genève, qui allait être
nommé professeur peu après, est un enfant de la Chaux-de-Fonds et
frère du Directeur du gymnase de cette ville. Il est proche de nous,
d'un naturel ouvert et partisan d'un regroupement romand des institutions
concernées par les problèmes du langage.
D'autre part, une Association romande des logopédistes diplômés (ARLD)
s'est constituée en février 1966 et l'un de ses buts est aussi d'organiser
des cours de perfectionnement pour ses membres, en partie neuchâtelois.
L'unité romande est évidente pour eux.
L'Assemblée de Jongny permet des contacts et des échanges de pensées.
L'idée d'une fusion de sociétés est évoquée. Le Dr.J.P. de Reynier,
qui avait été prié, dans, un premier temps, de présider une Commission
chargée par la Société neuchâteloise d'étudier son élargissement en
Société romande, est mandaté pour étudier plutôt la fusion des Sociétés
d'Audiophonologie et de Logopédie. La commission de Reynier est réunie
le 14 octobre 1967,à Lausanne. Le nouveau statut, élaboré par les
neuchâtelois est exposé. Il est basé sur les considérations suivantes
:
La nouvelle association doit avoir une structure fédérative pour éviter
la suprématie constante d'une région favorisée par son organisation
technique ou dominée par une doctrine scientifique. Le Comité passe,
par rotation, dans chaque canton, pour que les régions puissent à
tour de rôle faire connaître leurs réalisations et leurs problèmes
et faire bénéficier la communauté de leurs expériences.
Cette passation régulière des charges nous parait être un système
stimulant parce qu'il encourage certaines régions, jusqu'alors peu
engagées, à créer un groupe de travail représentant une section cantonale
et à former un Comité se sentant concerné pendant les années de direction.
Ce souci doit conduire à constituer l'Assemblée souveraine comme une
Assemblée générale de deux délégués par canton, pour que chaque région
soit représentée égalitairement, et non pas une Assemblée de membres.
Les associations professionnelles affiliées ont aussi le droit à des
délégués. Ces dispositions sont prises parce que dans le passé, avec
la SAL, nous avions déploré le malaise produit par une Assemblée générale
de membres, quand un canton à forte densité de spécialistes concernés,
étant toujours majoritaire, imposait ses décisions administratives
et dirigeait l'orientation scientifique.
En outre, pour que l'esprit des deux Sociétés constituantes soit maintenu,
on prévoit que chacune désignera quatre membres fondateurs, qui feront.
partie â vie de la nouvelle Assemblée de délégués.
Au cours des mois suivants, dans les comités des deux sociétés, on
se préoccupe du futur statut commun. Des amendements sont apportés
de part et d'autre. Le professeur Tissot notamment tient à ce que
le terme de "pathologie du langage" soit ajouté au titre de la nouvelle
société, pour que la tendance psychologique et psychiatrique soit
aussi exprimée.
Le 14 septembre 1968, un an après l'Assemblée de Jongny, la commission
de Reynier, convoquée à Lausanne, aplanit les dernières divergences
et un projet final de statuts est rédigé. Ces statuts sont adoptés
par l'Assemblée constituante formée des membres réunis de la Société
neuchâteloise et jurassienne d'audiophonologie et de la Société romande
de Logopédie, au Laboratoire de Recherches horlogères de Neuchâtel,
le dimanche 22 septembre 1968. Cette date marque la naissance de la
Société romande d'audiophonologie et de pathologie du langage, dite
la S.R.A.P.L.
Le premier Comité Central de la SRAPL est immédiatement constitué
pour une période de deux ans. Il est formé par le Prof.Tissot, président,
le Dr Terrier, vice-président, Mme Ochsenbeiner, secrétaire, Mr Messerli,
caissier, Mlle Maquard, membre assesseur.
Une première séance de comité a lieu le 9 novembre 1968 à Genève.
Le président propose un programme de réunions scientifiques. I1 attend
la liste des 8 membres fondateurs, qui feront partie de l'Assemblée
des délégués. Les neuchâtelois désigneront le Dr Secretan, le Dr de
Reynier, le prof.Gilliard, le Dr Terrier. Les genevois nommeront le
Prof.Ajuriaguerra, le Prof.Tissot et, je crois, le Dr P.Rochat et
Mlle Maquard.
La première réunion scientifique de la SRAPL a lieu à Genève le 26
avril 1969. Elle a pour thème : La syntaxe et ses troubles. La première
Assemblée des délégués se tient à Lausanne, le 4 octobre de la même
année. Les réunions scientifiques suivantes sont organisées à Besançon,
les 25-26 avril 1970, sur invitation du Professeur Lafon, puis à Genève,
le 24 octobre 1970, avec pour thème "Phonétique et Phonologie".
Après deux ans de présidence genevoise, le tour passe à Neuchâtel.
Un nouveau comité est élu par l'Assemblée des délégués de la SRAPL,
Ie 28 novembre 1970 à l'hôpital de Cery. Il est composé du Dr Terrier,
président, du Dr Assal, vice-président, de Mlles Emery, secrétaire,
de Mme E.NussbaumerBourquin, caissière, du prof.Gilliard, membre assesseur.
Le comité neuchâtelois organise les journées scientifiques suivantes
:
Le 5 juin 1971, au Centre IMC neuchâtelois et jurassien de la Chaux-de-Fonds
: Problèmes du langage chez l'enfant atteint de troubles moteurs cérébraux.
Le 27 novembre 1971,à l'Aula de la Cité universitaire de Neuchâtel
: Quelques approches de la "dyslexie".
Le 17 juin 1972,à l'Université de Fribourg: Aperçus de stomatologie
dans le cadre de l'audiophonologie.
Le 18 novembre 1972,à la salle de concert "Zur Kaufleuten" de Zürich
: Cours de perfectionnement conjoint de la SAL (Schweizerische Arbeitsgemeinschaft
für Logopädie : prés.Prof.Spoendlin) et de la SRAPL.
Ma période de présidence s'arrête le 10 mars 1973. L'Assemblée des
délégués, réunie ce jour à Lausanne, désigne le nouveau comité central
vaudois : le Dr G.Assal, président, le Dr Dietrich, vice-président
et futur président du comité fribourgeois, le Dr J.P. de Reynier,
la Dr.M.L.Dutoit, Mlle Buttet.
Mes archives s'arrêtent là aussi !
Docteur Georges Terrier
Professeur honoraire de l'Université de Lausanne
Les Herses
2322 Le Crêt-du-Locle
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